Mémorisation 101

Il y a quelque temps de cela, j’ai rédigé un article en anglais au titre de You don’t have a “bad memory”, you just don’t know how to use it. Mon principal objectif était de présenter relativement rapidement une série de conseils que monsieur et madame Tout-le-monde allaient pouvoir commencer à mettre en pratique dès aujourd’hui, sans devoir lire ou comprendre quoi que ce soit d’autre et sans avoir à construire aucun de ces potentiellement intimidants “palais de mémoire”. Il s’agit je pense d’une excellente introduction aux thèmes les plus fondamentaux liés à la mémorisation. J’y aborde rapidement plusieurs sujets particulièrement importants que les soi-disant “champions de la mémoire” comme moi avons trop souvent tendance à négliger. Je pense même que si vous ne lisez qu’un seul article sur ce site, cela devrait probablement être celui-ci.

Tout cela pour dire que, si vous comprenez l’anglais, en attendant que je m’attaque au travail de traduction et que je termine de mettre en ligne les autres sections importantes de ce site, je vais vous recommander d’aller lire cet article:

Cliquez ici pour lire l’article You don’t have a “bad memory”, you just don’t know how to use it.

Si vous avez déjà lu plusieurs autres sections de ce site, vous pouvez vous permettre d’ignorer les sections de l’article qui ne vous apprennent rien de nouveau, notamment celle au début où je me vante et où je tente de me donner de la crédibilité. Mais ne faites pas l’erreur de négliger le reste. Les paragraphes portant sur la concentration et sur les “boring but useful common-sense advice” sont importants et ils n’ont pas encore été expliqués adéquatement ailleurs sur ce site.

Question : Pourquoi est-ce que l’article est seulement en anglais?
Réponse :
Je l’ai d’abord rédigé en anglais parce que je l’ai publié dans l’après-coup d’une entrevue avec la CBC et d’une autre avec une radio anglophone de la Colombie-Britannique. Je ne l’ai toujours pas traduit parce que je suis un grand étourdi et parce que je poursuis beaucoup trop de projets simultanément. Je vais m’acquitter de cette tâche bientôt c’est promis!

Question : Si c’est thèmes sont si importants, pourquoi est-ce que les experts en mémorisation n’en parlent pas davantage?
Réponse :
À l’époque pas si lointaine où je découvrais encore les techniques de mémorisation et que je commençais à les enseigner à d’autres, j’ai longtemps omis de bien traiter de certains de ces sujets et de les développer comme il se doit. Mon ancien site d’instruction en parlait à peine. J’ai remarqué que je suis loin d’être le seul “expert” en mémorisation à faire la même erreur. Pourquoi donc? Bonne question. En partie probablement par ignorance ou parce qu’on a l’impression que c’est évident ou que cela “va de soi”. Plus ou moins inconsciemment, c’est aussi peut-être parce que de parler de sommeil, de concentration et de révisions, c’est moins glamour, moins nouveau et moins excitant que de parler de palais de mémoire et d’exploits de rapidité incroyables.

Addendum:

Tout ce qui est long et complexe peut être divisé en petits morceaux plus simples et plus faciles à digérer. 

Dans la catégorie “Mémorisation 101”, j’ai réalisé récemment que l’important conseil que vous venez de lire n’avait pas encore été formulé ni dans l’article, ni dans le reste de ce site. Peut-être qu’il “va de soi”, mais je crois que cela vaut tout de même la peine de l’exprimer et de le clarifier.

Cela peut sembler difficile que de retenir un long code, un long password, une définition, un paragraphe ou un texte. On peut croire qu’il s’agit là d’un peu trop d’informations à retenir d’un seul coup. C’est généralement un faux problème. L’information en question peut être divisée en plus petits morceaux beaucoup plus faciles à assimiler. S’attaquer à chaque élément séparément avant de les combiner, cela simplifie énormément les choses.

Exemples:

  • Vous souhaitez retenir un petit texte, un poème ou les paroles d’une chanson? Vu d’un seul coup, le texte en question peut sembler bien trop long. Mais si vous attaquez à un seul couplet, un seul paragraphe ou une seule phrase, la tâche cesse soudainement c’être intimidante. Apprenez d’abord une première phrase. Apprenez-en ensuite une deuxième. Voyez si vous pouvez encore vous souvenir de la première. Voyez ensuite si vous pouvez réciter les deux phrases bout à bout. Prenez toutes les pauses dont vous avez besoin, mais continuez d’appliquer ce principe jusqu’à ce que vous soyez parvenu à votre objectif. Pour de beaucoup plus longs textes, des techniques de mémorisation plus sophistiquées vont tôt ou tard devenir plus ou moins indispensables. Mais pour des objectifs relativement modestes, la méthode simple que je viens d’expliquer est généralement bien suffisante.
  • Le même principe reste valide dans plus ou moins tous les contextes. Si vous souhaitez retenir un numéro de téléphone, vous n’allez probablement pas traiter une série de chiffres comme “5879485271” comme s’il s’agissait d’un seul élément à mémoriser d’un seul coup. Consciemment ou inconsciemment, vous allez mentalement diviser cette série de chiffres en au moins trois blocs: 587-948-5271. Ce n’est pas un hasard s’il s’agit là de la façon standard d’écrire ou d’exprimer un numéro.
  • Même pour un seul mot ou un seul nom, initialement il est souvent utile ou même nécessaire de mentalement le diviser en éléments plus courts. “Freundschaftsbeziehungen” est un mot an allemand qui signifie “relations amicales”. J’explique ailleurs sur ce site comment même des mots comme celui-ci peuvent être transformés en images plus mémorables. Mais même sans techniques de mémorisation, vous pouvez probablement parvenir à retenir ce mot si vous le divisez d’abord en différentes parties: freund – schafts – bezie – hungen. Même technique encore pour retenir le nom de votre nouveau collègue d’origine indienne Nanduri Ramachandra Murthy.

On divise d’abord, on combine ensuite. En psychologie, on appelle cela du “chunking“. Nul besoin d’aller lire des articles scientifiques sur le sujet, il suffit de mettre en pratique le principe simple que je viens d’expliquer. Éventuellement, avec la pratique votre cerveau va parvenir à traiter deux ou trois ou dix éléments d’informations comme s’il ne s’agissait qu’un seul. Retenir le nom de votre collègue Nanduri Ramachandra Murthy ou le texte de cette chanson ne demandera pratiquement plus d’efforts ou de révisions. C’est vrai pour des informations verbales. C‘est vrai aussi pour des actions ou des procédures beaucoup plus complexes. “Attacher ses lacets” n’est peut-être qu’une seule action simple dans votre tête, mais à la base il s’agit là d’un ensemble de processus qu’il serait bien laborieux d’expliquer en détail.