Comment créer des flashcards plus mémorables et comment les utiliser plus efficacement

À propos de cette page: C’est théoriquement très simple que de créer une flashcard. Après tout, il suffit de prendre une carte en carton (ou une carte virtuelle sur Anki ou Quizlet ou autre), d’écrire une question d’un côté et une réponse de l’autre. Bien souvent, le processus n’est pas plus compliqué que cela. Sauf qu’il existe aussi toutes sortes de variations possibles et toutes sortes de façon de rendre nos flashcards plus ou moins mémorables.

Cette page vise à vous aider un peu à vous retrouver au milieu de toutes ces possibilités. Elle vise à également à vous mettre en garde face à certaines erreurs relativement communes.

Ne lisez cette page que si vous avez déjà lu celle sur la mémorisation à long terme ou encore la page sur la mémorisation à long terme simplifiée.

 


 

Quelques principes généraux

Notez que l’on parle ici de principes généraux. Comme presque tous les principes et presque toutes les règles, des exceptions sont possibles. Si le monde merveilleux de la mémorisation à long terme est encore nouveau pour vous, je vous recommande de commencer vos efforts en appliquant la majorité de ces conseils. Lorsque vous aurez acquis un peu plus d’expérience, vous serez mieux équippé pour savoir en quelles circonstances il vaut ou non la peine de se permettre de procéder autrement.

La plupart du temps, il vaut mieux se limiter à une question courte d’un côté et une réponse courte de l’autre.

Ce format permet de clarifier très exactement ce que l’on souhaite retenir et il favorise grandement le processus de mémorisation. Je vais reparler plus bas des différentes raisons d’être de cette règle ainsi que des quelques exceptions possibles.

* Notez que bien que je parle ici surtout d’un format de type question/réponse, il peut souvent être pertinent d’étudier une flashcard des deux côtés plutôt que de seulement un seul. Par exemple, on peut parfois regarder le nom d’un concept et se questionner sur sa définition, versus parfois regarder la définition et vérifier si le nom du concept nous revient en tête. 

Soyez sélectifs avec les informations que vous choisissez de mémoriser.

J’en ai déjà parlé à bien d’autres endroits sur ce site. On peut mémoriser énormément lorsqu’on s’y prend de la bonne façon, mais on ne peut pas toujours “Tout Retenir”. Être trop ambitieux trop rapidement est une erreur qui est trop souvent commises par ceux et celles qui découvrent le pouvoir des techniques de mémorisation et de la répétition espacée pour la première fois. Concentrez-vous d’abord sur les éléments les plus importants. Vous vous attaquerez au reste plus tard s’il vous reste encore du temps et de l’énergie et de la motivation.

Les flashcards que vous avez créées vous-même seront toujours plus mémorables que celles qui ont été créées par d’autres.

Anki et Quizlet et bien d’autres outils nous permettent d’avoir accès à des milliers de sets de flashcards crées par des utilisateurs de par le monde. On en trouve sur toute sorte de sujets, en anglais, en français et en une multitude d’autres langues. Rien ne vous empêche d’y accéder. On pourrait croire que cette façon de procéder nous aide à gagner être le temps. Cela peut parfois être le cas, mais sachez qu’il y a un prix à payer.

Créer soi-même ses propres flashcards, ce n’est pas seulement une corvée dont nous devons nous acquiter pour ensuite pouvoir mémoriser plus efficacement. C’est aussi bien souvent une partie importante de notre processus d’apprentissage. Lorsque l’on procède de la bonne façon, cela nous force à jouer un peu avec l’information, à la traduire en nos propres mots et à sélectionner les sections qui valent véritablement la peine d’être retenues. Plus important encore: lorsque vous allez réviser plus tard, consciemment ou inconsciemment, c’est probablement le moment où vous avez initialement créé votre flashcard dont vous allez remémorer. En conclusion: créer ses propres flashcards, cela prend un peu plus de temps au tout début, mais cela nous permet de démarrer avec une bonne longueur d’avance.

N’attendez pas que vos flashcards soient terminées pour commencer à les apprendre.

J’imagine très bien un étudiant prendre son manuel d’histoire, passer trois jours à se créer des centaines de flashcards pour ensuite se sentir complètement débordé au moment de commencer à les apprendre. Au lieu de passer un long moment en mode “création de flashcards” avant de finalement se mettre en mode “apprentissage”, je pense qu’il est généralement préférable d’opter pour l’une de ces trois alternatives:

  • On note ce que l’on souhaite retenir. On le mémorise. Et seulement une fois que tout cela est fait, on s’occupe de créer nos flashcards et on les utilise pour faciliter la rétention à long-terme.
  • On mémorise le contenu de nos flashcards plus ou moins en même temps que l’on les crées. Le processus de création de flashcards se confond alors avec le processus d’apprentissage et de mémorisation.
  • On peut aussi placer directement dans nos flashcards les contenus que l’on souhaite mémoriser plus tard*, mais seulement lorsque de saines habitudes de révisions régulières sont déjà très fermement implantées. Je sais qu’Alex Mullen, étudiant en médecine et plusieurs fois champion du monde de mémorisation, va fréquemment prendre ses notes de cours directement dans Anki. Sauf qu’il a déjà l’habitude de passer environ une heure par jour à réviser avec Anki. Je peux facilement imaginer quelqu’un d’autre – moi par exemple – rapidement se retrouver complètement débordé après quelques jours ou quelques semaines sans réviser.

Précision importante: Vous pouvez effectuer l’essentiel de la mémorisation initiale en même temps que vous rédigez vos flashcards. L’apprentissage peut aussi se faire pendant que vous êtes en classe, pendant que vous êtes en train d’écouter un documentaire, pendant que vous êtes au milieu d’une conversation, pendant que vous lisez ou pendant que vous classez vos notes. Pour se mettre en mode “apprentissage”, l’une des meilleures façons est de s’arrêter un moment, souvent seulement quelques secondes, pour vous poser mentalement des questions pertinentes. Les questions peuvent être très simples comme “Quel est le nom de cette personne?”, mais elle peuvent aussi prendre bien d’autres formes. Qu’est-ce que je viens de lire ou d’entendre? Qu’est-ce que cela signifie? Qu’est-ce que j’aimerais retenir de tout cela? Comment je peux relier cela à ce que je connais déjà? À quoi est-ce que cela me fait penser? Est-ce que je peux trouver un truc pour retenir cela plus facilement?

À l’occasion, vous pouvez rendre vos flashcards plus mémorables en ajoutant des images et/ou des trucs de mémorisation.

Je ne pense pas nécessairement que vous devriez procéder de cette façon pour 100% de vos flashcards, mais je pense que cela peut parfois valoir la peine.

Ajouter une simple image: Ajouter une petite image à une flashcard est une façon relativement simple de la rendre un peu plus facile à mémoriser. Pour une flashcard servant à retenir le mot chat en espagnol, suffit de copier-coller plus ou moins n’importe quelle photo de chat sur Google Images. Pour retenir le sens du mot “glasnost“, on peut utiliser une photo de Gorbatchev (l’homme d’état russe le plus communément associé à cette politique) ou encore l’image d’une vitre symbolisant la “transparence”. L’idée ici est surtout d’avoir une image quelconque que votre cerveau va pouvoir associer indirectement avec ce que vous souhaitez retenir. Pas besoin de chercher bien loin.

Ajouter un mnémonique: Avez-vous utilisé un truc de mémorisation pour retenir le contenu de cette flashcard? Si oui, cela peut valoir la peine de le noter. Cela permet entre autres de vous simplifier la vie dans le futur et de vous éviter de parfois devoir réimproviser un nouveau truc. Si la flashcard n’est que pour vous, pas besoin d’aller dans les détails, juste un ou deux ou trois mot-clés devraient être suffisants. Pour le mot “perestroïka” (encore une autre politique de Gorbatchev), on pourrait noter quelque chose comme “le père du cheval de Troie” (père + Troie = perestroïka) ou encore un énigmatique “123” (on ignore le 1, 2 = paire, 3 = trois / paire + trois = perestroïka). Si vous pensez que cela vous sera utile, vous pouvez aussi rajouter un ou deux autres trucs liés à la définition. Bien entendu, c’est également possible que votre mnémonique puisse prendre la forme d’une image soit dessinée ou prise sur Google image.

* Précision supplémentaire: Si vos flashcards ne sont que pour vous, n’hésitez pas à utiliser des abbréviation et à bâcler tous les aspects de la présentation qui ne vous semblent pas essentielles.

* L’étudiant en médecine et ancien champion du monde mémorisation Alex Mullen n’utilise des techniques de mémorisation que pour environ 25 ou 30% des flashcards qu’il révise sur Anki. Pour le reste, il se contente d’utilisé soit sa mémoire naturelle (combinée avec le pouvoir de la mise à l’épreuve et de la répétition espacée), soit sa compréhension de la façon dont le phénomène fonctionne dans le monde réel. Personnellement, je ne sais pas combien de mes flashcards sont mentalement liées à des techniques de mémorisation. Je suppose que le pourcentage doit être quelque part entre 40 et 50%

Préférence personnelle: En ce qui me concerne, seulement une minorité des mnémoniques que j’utilise se retrouvent notés sur mes flashcards. Le plus souvent, ils sont soit conservés uniquement dans ma tête et réimprovisés au besoin, soit noté de façon très abrégée et bordélique sur des documents word que je vais rédiger lorsque je prends la peine de créer un palais de mémoire pour la première fois.

Voici quelques exemples de flashcards mémorables représentant certains éléments du tableau périodique. Elles ont été créées par Thomas Frank pour ce vidéo. Je ne suis personnellement pas la totalité de ses conseils et je prends rarement la peine de dessiner quoi que ce soit, mais cela ne signifie pas nécessairement que vous devriez suivre mon exemple plutôt que le sien.

N’oubliez pas que les flashcards ne sont pas la seule arme que vous avez à votre disposition.

Les flashcards sont des outils qui conviennent parfaitement à certaines situations et moins bien à d’autres. Pour étudier le fonctionnement d’une voiture par exemple, les flashcards peuvent vous aider à retenir les noms des différentes pièces ainsi que leurs fonctions, sauf que vous allez devoir aller un peu plus loin pour véritablement comprendre l’ensemble des processus en jeu. Je pense que vous devriez utiliser les flashcards aussi fréquemment que cela vous semble utile, mais n’hésitez jamais à combiner cette technique d’étude avec d’autres méthodes alternatives ou complémentaires.

Quelques exemples:

  • Vous pouvez alterner vos périodes d’études de flashcards avec des périodes de lecture ou de visionnement d’extraits de documentaire. Histoire d’enrichir et de varier un peu vos sessions d’étude et d’approfondir un peu votre niveau de compréhension.
  • Vous pouvez combiner l’étude de vos flashcards avec, s’il y a lieu, la révision des palais de mémoire où vous avez mentalement entreposé ce que vous souhaitez retenir.
  • Vous pouvez dire vos réponses à voix haute (ou à voix basse, en chuchottant ou en bougeant les lèvres de façon inaudible). Pour toutes sortes de raison, le fait d’activer les différents muscles de votre visage au moment de répondre a pour effet de considérablement favoriser la rétention de ce que vous dites.
  • Vous pouvez réfléchir à la signification de ce que vous apprenez et méditer sur les différentes implications de tout cela.
  • Vous pouvez prendre une feuille de papier et tenter de noter dans l’ordre (s’il y a lieu) l’essentiel de ce que vous venez d’apprendre sur un sujet particulier. Ou mieux encore, vous pouvez préparer ou d’improviser une courte présentation ou vous tenterez d’expliquer à voix haute tout ce que vous avez appris de de façon vaguement cohérente. Ces deux dernières techniques d’étude sont plus avancées, plus exigeantes et plus épuisantes. Si vous parvenez à les mettre en pratique comme il se doit, cela démontre un bien plus profond niveau de compréhension de la matière. Ce type d’exercices n’est généralement pas nécessaire lorsque l’on souhaite seulement réussir ses examens ou retenir les principaux points d’un domaine, mais il en vaut la peine lorsque les sujets que vous étudiez vous tiennent particulièrement à coeur.


Informations complémentaires

Vous en savez déjà bien assez pour commencer, mais voici tout de même quelques précisions supplémentaires qui pourront être utiles à certains.

Pourquoi vouloir se limiter à des réponses courtes?

Voici un exemple de l’une des pires flashcards que vous pourriez choisir de créer:

  • Question: Quelles sont les causes de la Première Guerre mondiale?
  • Réponse: [Vous copiez-collez directement les 20 ou trente pages de textes qu’on trouve à ce sujet sur Wikipedia]

L’exemple que je viens de donner est quelque peu caricatural, mais reste qu’il est facile de tomber de ce type de piège. Se surcharger avec trop d’informations d’un seul coup, cela rend bien difficile le fait de distinguer entre l’essentiel et le superflu. Cela nuit à concentration et, bien souvent, cela nuit aussi à la compréhension et à la rétention. Il y a aussi d’autres raisons aussi que je ne comprends pas complètement et qui font en sorte que, de façon générale, notre cerveau assimile plus facilement et plus rapidement les informations qui sont présentées de façon simpliste.

Le scientifique Michael Nielsen qui a amplement fait usage de Anki pendant plusieurs années avant de partager ses expériences nous recommande de rendre chaque réponse “as atomic as possible”. Il explique les choses de cette façon:

Make most Anki questions and answers as atomic as possible: That is, both the question and answer express just one idea. As an example, when I was learning the Unix command line, I entered the question: “How to create a soft link from linkname to filename?” The answer was: “ln -s filename linkname”. Unfortunately, I routinely got this question wrong.

The solution was to refactor the question by breaking it into two pieces. One piece was: “What’s the basic command and option to create a Unix soft link?” Answer: “ln -s …”. And the second piece was: “When creating a Unix soft link, in what order do linkname and filename go?” Answer: “filename linkname”.

Breaking this question into more atomic pieces turned a question I routinely got wrong into two questions I routinely got right** An even more atomic version would be to break the first question into “What’s the Unix command to create a link?” and “What’s the option to the ln command to create a soft link?” In practice, I’ve known for years that ln is the command to create a link, and so this wasn’t necessary. Most of all: when I wanted to create a Unix soft link in practice, I knew how to do it.

I’m not sure what’s responsible for this effect. I suspect it’s partly about focus. When I made mistakes with the combined question, I was often a little fuzzy about where exactly my mistake was. That meant I didn’t focus sharply enough on the mistake, and so didn’t learn as much from my failure. When I fail with the atomic questions my mind knows exactly where to focus.

Un autre phénomène que l’on souhaite éviter porte le nom de “illusion de compétence“, ou “fluency illusion” si vous préférez. Si votre réponse comporte plusieurs éléments, c’est bien facile d’en avoir certains de bons et d’en oublier d’autres. Vous vérifiez votre réponse. Vous voyez qu’elle semble avoir été bonne “dans l’ensemble”. Les éléments que vous n’avez pas nommé vous semblent familiers et vous confondez le fait de reconnaitre une information avec la capacité de pouvoir la retrouver en toute circonstance. Vous laissez la flashcard de côté pour un bon moment et vous ne révisez pas davantage vos erreurs. Se limiter à un ou deux éléments de réponse par flashcard, c’est en bonne partie une façon d’éviter ce problème. Si votre réponse se résume à un ou deux éléments, ce sera presque toujours clair pour vous que de savoir si vous avez répondu correctement ou non.

 


Comment se limiter à des réponses courtes avec les sujets vastes et complexes?

C’est très simple de formuler des questions et réponses courtes avec des trucs comme “Le pays le plus peuplé d’Afrique?” ou “L’année des attaques nucléaires contre Hiroshima et Nagasaki?”. Ça l’est un peu moins pour des sujets comme “Les causes de la Première Guerre mondiale?”. Après tout, une réponse “complète” à cette question pourrait théoriquement tenir sur plusieurs ouvrages. Sans parler qu’il est loin de n’y avoir qu’une seule réponse possible et que les experts ne s’entendent pas les uns avec les autres.

Je n’ai malheurement pas “une” solution parfaitement simple à vous offrir ici. Les sujets complexes sont souvent… ehh…. complexes. Pour le moment mes conseils sur la question se limitent à ces quelques grands principes généraux:

1- Soyez sélectifs avec ce que vous souhaitez mémoriser.

  • Notez d’abord ce que vous souhaitez retenir sur un sujet.
  • Regardez tout ce que vous avez noté, puis demandez-vous si vous avez absolument besoin de retenir tout cela. Tentez d’identifier tout ce qui est inutile, moins utile ou superful. Priorisez, priorisez et priorisez encore. Concentrez vous sur les quelques informations qui vous vous apporter la majorité des résultats que vous recherchez. Passez rapidement sur tout le reste ou même ignorez-le complètement. Commencez par vous concentrer sur l’essentiel. Vous vous attaquerez au reste plus tard s’il vous reste encore du temps et de l’énergie.
  • Identifiez les mots, les faits et les concepts-clés. Soulignez-les ou notes-les sur un document à part.
  • Formulez des questions courtes et spécifiques portant chacun de ces éléments importants.

2- Divisez les “grandes questions” en un plus grand nombre de questions plus courtes et plus simples.

3- Quand vous vous serez intéressé à toutes les sous-questions séparément, vous pourrez si vous le souhaitez vous attaquer aux “grandes questions” de façon plus globale. Mon article sur la mise à l’épreuve pour les sujets complexes pourrait ici être pertinent.

* Même pour certaines questions simples comme “mon numéro de carte de crédit”, il est parfois pertinent de les séparer en plus d’une seule flashcard. Retenir 16 chiffres + une date d’expiration + un dernier code à 3 chiffres, ce n’est rien pour quelqu’un qui a pris la peine de se construire un système de mémorisation pour les chiffres, mais cela peut être un peu trop pour bien d’autres individus. Dans un cas comme celui-ci, on pourra simplifier mentalement un peu la tâche en divisant en disons trois cartes: une pour les 8 premiers chiffres, une pour les 8 suivants et finalement encore une autre pour la date d’expiration et le code à 3 chiffres. Au final on se retrouve à mémoriser la même quantité d’information, sauf que la tâche est divisée en éléments plus faciles à assimiler.


Quelques exceptions possibles à la règle “1 question courte et 1 réponse courte par flashcard”

La règle ci-dessus est valide dans la grande majorité des cas. Si vous lisez davantage sur le sujet, c’est ce que à peu près tout le monde va vous recommander. Cependant, je pense personnellement que des exceptions ont leur place dans certains cas. Je me base ici uniquement sur mes préférences et mes opinions personnelles, alors prenez tout ce que j’écris avec un grain de sel. Voici quelques-unes des circonstances où je pense qu’on peut se permettre de créer des flashcards avec des éléments plus complexes:

  • Vous avez bien conscience du phénomène de “l’illusion de compétence” décrit plus haut sur cette page et vous avez des stratégies en place* pour pouvoir l’éviter.
  • Vous comprenez déjà bien chacun des éléments de la réponse lorsqu’ils sont pris séparément et vous souhaitez maintenant vous pratiquer à les énumérer ensemble.
  • Les éléments de réponses à votre questions sont profondément bien interreliés les uns avec les autres. Par exemple, l’élément de réponse B est une conséquence directe de l’élément A et ainsi de suite.
  • Vous souhaitez retenir les paroles d’une chanson ou d’un poème et vous n’avez pas envie de créer des flashcards pour chaque paragraphe pris séparément.
  • Vous avez placé les différents éléments de votre réponse dans la même section de votre palais de mémoire. Dans la même pièce, par exemple. C’est donc généralement facile pour vous d’énumérer les 3 ou 4 ou 5 éléments de réponse sans ne rien oublier.
  • Même si vous vous permettez parfois de faire des flashcards à réponses plus longues, vous n’exagérez jamais. Vous continuez de privilégiez le format questions et réponses courtes la grande majorité du temps. Vos réponses plus longues se limitent à un maximum de disons 5 éléments inter-reliés.

 

*Quelques stratégies possibles pour éviter “l’illusion de compétence”:

  • Comme nous l’avons déjà expliqué, la stratégie la plus simple consiste à se limiter à des questions et réponses courtes.
  • Vous vous permettez parfois de vous lancez des questions à réponses plus longues, mais vous conservez un extrêmement bas niveau de tolérance pour les erreurs. C’est à dire qu’à partir du moment où une réponse n’est pas 100% correcte, vous classifiez votre réponse comme étant une erreur et vous placez la flashcard dans la pile des trucs à réviser bientôt. Vous procédez de cette façon même lorsque votre réponse était presque parfaite et qu’il ne manquait qu’un détail. Cette méthode fonctionne, mais son principal désavantage est que vous allez devoir perdre beaucoup de temps à réviser des trucs que vous connaissez déjà.
  • Alternative à la méthode ci-dessus: au lieu de classifier votre réponse presque parfaite comme étant une erreur, vous créez une autre flashcard beaucoup plus courte portant spécifiquement sur le détail qui vous cause problème. Je pourrais entre autres procéder de cette façon pour les textes de chançon où j’ai tendance à me tromper seulement sur un mot ou une expression en particulier. Pour la chanson “L’orage” de George Brassens, il y avait une ligne où j’avais tendance à dire “Depuis ce jour-là” plutôt que “À partir de ce jour”. Prendre 30 secondes pour créer une nouvelle flashcard en mentionnant la ligne précente suivie de […] m’a permi de rapidement régler le problème sans devoir inutilement réviser la chanson au complet. Après un moment, lorsque je sais que la petite erreur est bel et bien corrigée dans ma tête, je peux me permettre d’effacer la flashcard qui visait à la corriger.

Préférences personnelles: La plupart de mes flashcards sont très simples ou relativement simples, mais j’en ai certaines qui le sont beaucoup moins. Notamment, celles où je dois expliquer un concept en me référant à plus ou moins trois ou cinq éléments interdépendants. J’en d’autres du type “les cinq premiers présidents des États-Unis”, correspondant à une section particulière d’un palais de mémoire. J’ai aussi jadis utilisé des flashcards qui me demandaient de réciter au complet le texte de certaines chansons.

 


 

L’une de mes flashcards:

Commentaires et explications à propos de cette flashcard:

  • La plupart de mes flashcard sont plus simples et plus courtes. Celles-ci est plus complexes. Un nom complet un peu difficile + une date + une année, c’est beaucoup normalement pour une seule flashcard.
  • Entre crochets et en italique j’ai noté quelques mnémoniques visant à m’aider à retenir tout cela. Cela adonne que Vasili est le nom du héro du film Enemy at the Gates. L’arc est là pour retenir “Arkhipov”. Je n’ai pas utilisé de mnémonique pour Alexandrovich.
  • Qui est ce fameux Vasili et que s’est-il passé le 27 octobre 1962? Vous pouvez googler cela si vous êtes curieux. L’histoire en question est suffisant mémorable pour que je n’aies pas besoin de mnémoniques ou même de notes pour retenir les grandes lignes. Comme je vous l’ai déjà expliqué ailleurs, je vous recommande d’utiliser les techniques de mémorisation seulement lorsque c’est utile ou nécessaire et de ne pas vous compliquer inutilement la vie le reste du temps.
  • J’aurais très bien pu me contenter de retenir l’événement historique ainsi que l’année sans me soucier du visage et du nom complet de l’individu. Ça ne sert à rien non plus que de mémoriser la date exacte. Je ne fais pas cela normalement, mais je trouvais que c’était cool de faire une exception pour ce cas précis.
  • Les … sur la flashcard se réfèrent aux images de mon système pour les chiffres que j’utilise pour retenir la date et l’année. Ces images ne sont pas notées sur la flashcard car la simple vue de la date est suffisante pour les réactiver. Si vous avez un système pour les chiffres, vous pourriez vous aussi retenir cette date en utilisant vos images pour 27-10-62. Si vous n’avez pas de système pour les chiffres, c’est possible de retenir la même date en vous contentant d’utiliser la mise à l’épreuve et la répétition espacée. Ça va être un peu plus difficile, mais ça va fonctionner quand même.
  • Dans un de mes palais de mémoire, j’ai placé le vrai Vasili (l’homme sur la photo) regardant le Vasili du film (personnage joué par Jude Law) se battre avec son arc contre mes images représentant le 27 octobre 1962. Cette scène se déroule sur un toit, dans un palais de mémoire où j’entrepose toutes sortes de “fun facts” sans véritables liens les uns avec les autres. J’aurais aussi pu choisir d’improviser ces images et de les associer mentalement à la flashcard sans prendre la peine de les placer dans un palais de mémoire. Ou encore, j’aurais pu décider de n’utiliser aucune image et de simplement réviser la flashcard le temps qu’il faut.
  • Lorsque j’ai mémorisé ces informations pour la première fois, ça adonne que le nom de “Vasili” a réactivé mon souvenir du film Enemy at the Gates. C’est bel et bien le nom du personnage que joue Jude Law dans ce pas particulièrement bon film. Mais notez que même si en réalité le héro du film s’appelait en fait Gontrand, ça ne m’aurait pas nécessairement empêché d’utiliser ce personnage pour retenir le nom de Vasili. En autant que – pour une raison X ou Y – votre étrange cerveau a associé un son avec quelque chose d’autre, cela n’a pas véritablement d’importance que l’association en question soit fondée ou non. Bien sûr, j’aurais aussi pu choisir d’utiliser un vase, de la vaseline, une valse, une vice ou un mafioso de la Sicile. Ou une image absurde quelconque qui semble n’avoir aucun lien avec le son de “Vasili”. Ou rien du tout.